3 La modernisation
Une profession goémonière qui s'organise pour faire valoir ses droits
Ar vezhinaerien unanet evit lakaat o gwirioù da dalvezout
Pour approvisionner les usines d’iode, la quantité de travail des goémoniers est colossale. En témoignent les quantités d’algues récoltées. Lorsque les algues ont séché et brûlé dans les fours, les pains de soude sont livrés aux usines pour en extraire l’iode. Ces cendres d’algues agglomérées sont alors analysées, et le paiement varie selon leur teneur en iode (le titrage).
Les contestations sont nombreuses. Les usines s’entendent sur les prix et les tirent vers le bas, en se plaignant de la qualité des pains de soude, attribuée à des mélanges ou de mauvais brûlages. De leur côté, les goémoniers n’ont pas les moyens de contrôler la production. Le prix accordé pour ce travail acharné et cette main-d’œuvre familiale est dérisoire, entraînant progressivement la désaffection de cette profession au profit de la marine marchande, la Royale, l’Arsenal, les marins pompiers…
Il faut attendre 1930 pour voir apparaître un début de syndicalisation de la profession, grâce à l’engagement de personnalités locales telles que Jean Ogor, Jean Pronost et Herveline Grall.
Romans, films et chansons font connaître et dénoncent les conditions de vie de ceux qu’on nomme les « forçats de la mer ». Cette mise en lumière attire l’attention de la population locale et des autorités publiques.